« Pardonner sans avoir été guéri par le pardon de la personne qui nous a offensé est une utopie » – Diane
Le pardon est une puissance qui libère a-t-on souvent entendu le clamer, toutefois sans que la procédure pour cette « libération » à mettre en pratique soit formelle, expliquée en bonne et due forme afin de prendre effet, raison pour laquelle je n’ai jamais réellement ni cru ni adhéré à cette doctrine si vague soit-elle, ce dont à quoi je crois je m’y m’accroche et établis une connexion avec mes croyances, c’est la manière dont je procède depuis quelques années, par rapport au pardon j’ai appris qu’on ne peut pas pardonner sans discuter du problème, certes c’est effectivement libérateur d’extraire de son cœur toutes ces rancœurs, les colères voir haines que l’on ressent envers une personne suite aux offenses qu’elle nous a fait subir, ceci dit pour se faire il est primordial d’arrêter de croire que cela est possible grâce à une intervention Divine qui nous inciterait à accorder le pardon sans que la démarche de nous le demander soit entreprise par l’offenseur.
Avoir le courage de ses offenses
Je me suis toujours demandé comment une personne qui nous a asséné des coups, invectivé, heurté, dénigré peut dormir et se réveiller en toute quiétude bien qu’ayant une épée de Damoclès sur sa tête représentant ses outrages à notre égard ? Les maux qu’elle a marqués à l’encre de ses malfaisances dans le livre de notre vie, dont on souffre, ne lui sont donc pas une infamie ?! Le tumulte que produit sa conscience la gêne mais elle préfère s’accrocher à l’idée de ne pas nous contacter alors qu’elle nous a blessé, humilié, plus grave plongé dans une dépression telle que nous avions ressenti cet inconfortable désir de nous donner la mort, dans ces conditions, où puiser la force de lui pardonner si elle n’en prend pas l’initiative ? Ce serait insensé !
Lorsqu’il s’agissait de nous nuire son esprit était parfaitement prédisposé à lancer son offensive contre nous lui donnant ainsi une fausse impression de force, la réalité de ce comportement acerbe révélera fort heureusement qu’elle s’enfonçait vers sa future dette qu’elle contractait en s’associant au mal pour nous anéantir émotionnellement, la question relative à cette situation à se poser est quand se décidera t-elle à régler la somme de nos larmes coulées avant que des rappels désagréables lui soit envoyer ?
Elle nous a infligé volontairement des violences physiques et psychologiques mais s’obstine a se persuader qu’elle ne sera pas frappée par le sort de ses actes méchants envers nous d’autant plus lorsque tout à l’air de fonctionner sans encombres dans sa vie, c’est faire part d’une inconscience telle qui réveille de la peine à son égard, car on sait que pour se libérer du nuage menaçant de frapper une terrible foudre au dessus de sa tête, elle doit demander pardon à la personne à qui elle a: fait du mal.
Demander pardon protège du karma
Agresser l’autre physiquement ou verbalement lui causera conséquemment des blessures intérieures, passer du temps chez le psychologue ou suivre ardemment ses programmes de prières dans l’optique d’en guérir ne l’aidera que très partiellement, d’où l’importance pour la personne qui lui a causé du tort de lui solliciter une conversation qui lui permettra tout simplement de se pardonner, c’est un fait que nul ne doit ignorer n’étouffons pas cette vérité absolue sous de faux principes de religieux illuminés qui induisent en erreur, de plus, ça procure un soulagement sur le plan de la santé physique et mentale pour les concernés qui ne doit pas être négligé.
Bien évidement, ce geste qui démontrera sa sagesse lui sera néanmoins difficile à accomplir si elle se plaît à patauger dans son orgueil déplacé, pourtant en ne s’y attelant pas, bien que cela lui semblera pénible, elle risquerait de maintenir des sentiments de colère, animosité, amertume, haine au dedans de celui/celle qui est désormais assis au banquet de ses ennemis.es.
Quiconque ayant été mauvais(se) envers nous alors qu’il/elle n’a aucunement embrassé le choix de libérer notre cœur des rancunes qu’on lui porte ainsi que de nous débarrasser cette encombrante envie de vengeance, en nous DEMANDANT avec toute la sincérité qui soit PARDON n’est pas pardonné, il/elle se rassurera en proclamant que Dieu dans sa miséricorde lui en aurait fait grâce, certes, néanmoins IL entend son nom prononcé et dénoncé dans nos prières pour les méfaits qu’il/elle a commis dans notre vie, l’offenseur(seuse) qui n’a pas reconnu ses torts demeure fautif(ve), il/elle est l’origine d’une tension, un problème à solutionner.
Établir une perspective de réconciliation
On ne peut aimer une personne qui nous a offensé ce jusqu’au jour où elle prendra conscience de la souffrance que nous avions enduré par sa faute puis se résout à s’excuser en attendant on la déteste, on la hait, on lui souhaite parfois le pire, son nom prononcé provoque une sensation de lame passée rapidement sur le cœur, raison pour laquelle je lève toujours les yeux exaspérée d’entendre certains déclarer que nous devrions nous aimer les uns les autres et vivants rien que ça ! C’est tout bonnement impossible ! Inimaginable ! Est-ce que penser de la sorte fait de moi une personne rancunière et difficile ? Il y’a des blessures qui nous ont été infligées qui ne peuvent être soignées uniquement par celui/celle qui en est responsable, son pardon est la clé de notre guérison et consolation, ce n’est pas à Dieu d’effectuer tout le travail seul ni nous-mêmes. Chacun(e) aborde et met fin aux guerres relationnelles de la façon dont il/elle les conçoit, me concernant, comme beaucoup, j’estime que la gestion de la fin d’un conflit requiert d’en discuter, sans toutefois tarder à accomplir cette initiative afin d’éviter que les différends s’accroissent et ne se pérennisent dans le temps pour se transformer en une profonde aversion, la conséquence de tout ça pourrait nous diriger dans le mauvais sens celui de se résigner à se forcer de pardonner sans avoir reçu le pardon, or ce serait faire preuve d’une indulgence hypocrite qui peut s’avérer destructrice pour nous et c’est là que le bât blesse ! On n’accorde pas le pardon aveuglément !
Le pardon libère uniquement ceux/celles qui décident de dessiner l’esquisse de leur réconciliation future avec l’autre en utilisant à bon escient et avec délicatesse le fusain de la communication, dont chaque trait ébauche une œuvre de paix, de sérénité qu’ils contempleront mutuellement fières et ravis d’être parvenus à effacer les courbes déplaisantes des querelles qu’ils eurent à gribouiller jadis sur le tableau de leurs belles vies.

